Fiscalité locative

LMNP ou revenus fonciers ? Le comparatif chiffré en 2026.

Sur le même bien, le bon régime fiscal peut représenter 1 500 à 4 000 €/an d'écart net. Pourtant, beaucoup de propriétaires n'ont jamais vraiment fait le choix. Voici la méthode pour trancher.

Beaucoup de propriétaires bailleurs naviguent par défaut au régime micro-foncier (location nue, abattement 30 %) ou micro-BIC (meublé, abattement 50 %). C'est rapide, simple à déclarer, et ça suffit pendant les premières années — lorsque le crédit immobilier est récent et que les charges déductibles sont faibles.

Au-delà de 2-3 ans, ce choix est presque toujours sous-optimal. Le régime réel, qu'il soit foncier (location nue) ou BIC en LMNP (location meublée), permet de déduire les charges réellement supportées et, pour le LMNP, de pratiquer l'amortissement comptable du bien et du mobilier.

Les quatre régimes possibles.

Régime Application Mécanisme
Micro-foncier Location nue · revenus < 15 000 €/an Abattement forfaitaire de 30 % sur les loyers bruts. Le reste imposé au TMI + prélèvements sociaux 17,2 %.
Foncier réel Location nue · sur option ou si revenus > 15 000 € Charges réelles déductibles : intérêts d'emprunt, taxe foncière, travaux, assurances, charges copropriété non récupérables, honoraires gestion.
Micro-BIC Meublé non professionnel · revenus < 77 700 €/an (15 000 € si non classé pour tourisme) Abattement forfaitaire de 50 % (71 % si classé pour les meublés de tourisme).
LMNP réel Meublé · sur option dès le démarrage Charges réelles déductibles + amortissement comptable du bien (hors terrain) sur 25-40 ans, du mobilier sur 5-10 ans, des travaux sur 5-15 ans.

Le réel oblige à tenir une comptabilité (idéalement avec un comptable spécialisé : ~600 à 900 €/an de frais). Cette dépense est elle-même déductible, et fait souvent gagner 4 à 8 fois son coût en optimisation fiscale.

Meublé ou nu : impact fiscal.

Avant de comparer les régimes, il faut comprendre que le choix nu vs meublé est structurellement déterminant.

Location nue (revenus fonciers)

Imposable au TMI + prélèvements sociaux 17,2 %. Pas d'amortissement possible. Charges déductibles classiques : intérêts d'emprunt, taxe foncière, travaux, assurances, frais de gestion. Possibilité de générer un déficit foncier imputable sur le revenu global jusqu'à 10 700 €/an (21 400 € pour les travaux de rénovation énergétique depuis la loi de finances 2024).

Location meublée (BIC, statut LMNP non pro)

Imposable au TMI + prélèvements sociaux 17,2 %. Amortissement comptable du bien et du mobilier possible en réel — c'est le levier le plus puissant. Les amortissements se cumulent avec les charges déductibles, ce qui permet de neutraliser totalement les loyers fiscalement pendant 8 à 15 ans typiquement. Pas de déficit imputable au revenu global, mais les déficits BIC sont reportables sur les BIC futurs sans limite de durée.

— À retenir

Pour la majorité des biens parisiens en investissement locatif, le statut LMNP réel est le plus avantageux fiscalement. Cela suppose que le bien soit loué meublé — ce qui est compatible avec la longue durée, le bail mobilité, et la courte durée.

Le calcul sur un cas central.

Prenons un cas concret pour faire parler les chiffres : studio 28 m² à Paris 11e, acheté 320 000 € en 2023, financé à 80 % sur 20 ans. Loyer 1 500 €/mois HC. TMI propriétaire : 30 %.

Hypothèses détaillées

Comparaison des trois scénarios

ScénarioRevenu imposableImpôt + PS (TMI 30 %)Net fiscal
Micro-foncier 18 000 × 70 % = 12 600 € 12 600 × 47,2 % = 5 947 € 12 053 €
Foncier réel 18 000 − (6 200 + 1 200 + 800 + 220 + 1 260) = 8 320 € 8 320 × 47,2 % = 3 927 € 14 073 €
LMNP réel (meublé) 18 000 − (6 200 + 1 200 + 800 + 220 + 1 260 + 750 + 8 533 + 857) = −1 820 € 0 € (déficit reportable) 18 000 €

Lecture : sur le même bien, le LMNP réel permet de toucher 5 947 €/an de plus net qu'en micro-foncier, et 3 927 €/an de plus qu'en foncier réel. Et le bénéfice s'accumule chaque année tant que les amortissements continuent — soit pendant ~25 à 30 ans.

À noter : le calcul ci-dessus assume une location meublée. Passer de nu à meublé suppose un investissement initial dans le mobilier (typiquement 4 000 à 8 000 € pour un studio), lui-même amortissable et déductible. Le retour sur investissement de cet équipement initial est de l'ordre de 1 à 2 ans.

Le levier du déficit foncier.

Pour les biens en location nue (foncier), il existe un levier supplémentaire que beaucoup oublient : le déficit foncier imputable sur le revenu global. Lorsque les charges déductibles dépassent les loyers (typiquement après de gros travaux), le déficit ainsi créé peut être imputé sur le revenu global jusqu'à 10 700 €/an (21 400 €/an depuis 2024 pour les travaux de rénovation énergétique permettant de sortir du statut F ou G).

Concrètement, sur la même année où vous engagez 25 000 € de travaux d'isolation pour passer de F à D, vous pouvez :

Pour les biens classés F ou G qui doivent passer en classe E ou supérieure pour rester louables, le déficit foncier rénovation énergétique est un outil fiscal majeur. À combiner avec MaPrimeRénov' Copropriétés, le dispositif Coup de Pouce, et les CEE.

Comment trancher.

La méthode rationnelle pour choisir le bon régime :

  1. Question 1 — Loue-t-on nu ou meublé ? Le meublé est presque toujours plus avantageux fiscalement (LMNP réel) et opérationnellement (rotation plus fluide, bail mobilité accessible). Le nu reste pertinent pour les grands biens familiaux 3 pièces+.
  2. Question 2 — Au-delà de 2 ans de détention ? Si oui, le réel est presque toujours plus intéressant que le micro. Le passage du micro vers le réel se fait par option simple sur la déclaration de revenus.
  3. Question 3 — Y a-t-il du crédit en cours ? Si oui, les intérêts d'emprunt sont déductibles en foncier réel et en LMNP réel — ce qui change radicalement le calcul.
  4. Question 4 — Y a-t-il des travaux importants prévus ? Si oui, le foncier réel avec déficit imputable au revenu global est le levier le plus puissant pour les travaux de rénovation énergétique. Faire un audit fiscal avant le démarrage des travaux pour optimiser le timing.
  5. Question 5 — Quel est votre TMI ? Plus le TMI est élevé (30 %, 41 %, 45 %), plus le réel est avantageux par rapport au micro. À 11 % de TMI, l'écart est plus faible mais le réel reste généralement préférable.
Faire l'arbitrage fiscal une seule fois à la souscription du bail, puis ne plus jamais le revoir, c'est la garantie de payer trop d'impôts pendant 10 ans. C'est aussi la situation où l'on trouve la quasi-totalité des propriétaires bailleurs en France.

Comment Gestionaris vous aide.

Chaque année en mars, votre gestionnaire vous transmet une simulation des trois régimes sur l'année écoulée, avec recommandation chiffrée. Pour les propriétaires en pack Premium, notre comptable partenaire dépose la déclaration optimisée pour vous.

Pour les propriétaires en mandat longue durée, courte durée ou hybride, l'arbitrage fiscal est inclus dans le rapport annuel — gratuit, automatique, et basé sur votre situation patrimoniale réelle (et non sur des moyennes de marché).

A
Antoine Lebon
Co-fondateur · Opérations & Legal Advisor
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